BDSM : par où commencer quand on est débutant ?

BDSM : par où commencer quand on est débutant ?

Le BDSM intrigue, attire, fait fantasmer… mais lorsqu’on débute, cela peut paraitre abstrait et l'on ne sait pas vraiment comment s'y prendre. Entre les pratiques, les rôles, le consentement, les accessoires et les termes spécifiques, on peut vite avoir l’impression qu’il faut tout connaître avant de commencer, mais c'est loin d'être vrai. 

Bonne nouvelle : il n’existe pas une seule façon de pratiquer le BDSM. C'est vous qui allez créer sur mesure la pratique qui vous convient le mieux. Le plus important est d’avancer progressivement, de communiquer et de respecter les limites de chacun.

1. Commencer par comprendre ce qui vous attire

Avant d’acheter des accessoires ou d’imaginer une première séance, demandez-vous simplement ce qui vous intrigue et spontanément vous attire.

Est-ce plutôt :

  • la domination et la soumission ;
  • les jeux de contraintes, le bondage ;
  • les fessées ou l’impact play ;
  • le contrôle ;
  • les jeux de rôle ;

Le BDSM est un univers extrêmement large. Vous n’êtes pas obligé d’aimer toutes les pratiques, ni de toutes les tester.

Et quand on ne sait pas exactement ce qui nous attire, il peut être utile de partir de ses envies plutôt que des étiquettes.

Le Test Indécent peut aussi être un bon point de départ pour trouver sa place dans l’univers BDSM. En explorant différentes pratiques, envies et dynamiques, il aide à mieux comprendre ce qui vous attire : prendre le contrôle, le céder, alterner entre les deux, provoquer, obéir, guider ou simplement expérimenter.

Il ne s’agit pas de vous enfermer dans une étiquette, mais de faire émerger certaines tendances de votre profil intime et de vous aider à identifier le rôle dans lequel vous vous sentez le plus naturellement à l’aise : Dominant, soumis, switch… 

À deux, le Test Indécent permet également de comparer vos réponses et de découvrir comment vos rôles, vos envies et vos limites peuvent se compléter.

Faire le test indécent

2. Parler avec son partenaire : la checklist comme point de départ

Dans le BDSM, la communication est essentielle, mais parler de ses envies n’est pas toujours aussi simple qu’on pourrait le penser. Il peut être difficile de trouver les mots, de savoir quelles pratiques évoquer ou même d’identifier précisément ses propres limites.

C’est là qu’une checklist BDSM peut devenir un excellent outil de communication.

Le principe est simple : chacun parcourt une liste de pratiques, de fantasmes ou de situations et indique ce qui lui fait envie, ce qu’il pourrait éventuellement essayer et ce qui constitue une limite.

On peut par exemple distinguer :

Oui : j’ai envie d’essayer ou je sais que j’aime cette pratique.

A tester : cela m’intrigue, mais j’aimerais en parler avant.

Non : je ne souhaite pas expérimenter cette pratique.

Une fois les deux checklists comparées, les réponses deviennent naturellement le point de départ de la discussion. On découvre les envies communes, les curiosités de l’autre, mais aussi les limites qu’il faudra respecter.

L’intérêt d’une checklist n’est donc pas de dresser une liste de choses « à faire ». Elle permet surtout de mettre des mots sur ses envies et d’aborder des sujets que l’on n’aurait peut-être jamais osé évoquer spontanément.

J’ai d’ailleurs créé plusieurs checklists dans cette optique, notamment La Checkliste de Mr Contart, consacrée à l’exploration des envies et des pratiques, ainsi qu’une checklist spécifique pour les couples qui souhaitent réfléchir à l’ouverture de leur relation. Elles ont été pensées comme des outils simples pour faciliter le dialogue autour des désirs, des fantasmes et des limites.

Et gardez une règle en tête : cocher une pratique ne vaut jamais consentement définitif. Une envie peut évoluer, une limite peut apparaître et chacun doit pouvoir changer d’avis à n’importe quel moment.

3. Choisir un safeword

Un safeword est un mot permettant d’arrêter immédiatement une pratique.

Beaucoup de personnes utilisent le système :

Vert : tout va bien.

Orange : J'ai atteint une limite, on ne va pas plus loin, c'est assez.

Rouge : arrêt immédiat.

Ce système est particulièrement pratique lorsque les mots « non » ou « stop » peuvent faire partie d’un jeu de rôle.

4. Commencer doucement

Une première expérience BDSM n’a pas besoin d’être spectaculaire.

Vous pouvez commencer avec des choses très simples :

Un bandeau sur les yeux, des poignets maintenus, des ordres, des fessées soutenues, ou les jeux de bougies. 

L’objectif est de découvrir ce qui vous plaît réellement tout en restant en sécurité.

Vous pouvez d’ailleurs choisir une ou deux envies qui sont ressorties de votre Test Indécent et commencer uniquement par celles-ci.

Mieux vaut une expérience simple, préparée et agréable qu’une séance dans laquelle on cherche à tester dix pratiques différentes en même temps.

5. Ne pas négliger la sécurité

Certaines pratiques BDSM nécessitent davantage de connaissances que d’autres.

Le bondage, la cire, les jeux d’impact ou certaines formes de contraintes physiques demandent par exemple de comprendre les risques avant de les pratiquer.

Lorsqu’on débute, mieux vaut éviter les pratiques présentant des risques importants et apprendre progressivement.

Le BDSM repose sur un principe simple : le plaisir ne doit jamais faire oublier la sécurité.

Et surtout, avoir envie de tester une pratique ne signifie pas qu’il faut immédiatement la réaliser. Certaines envies peuvent parfaitement rester des fantasmes, on prendre le temps de l'apprentissage pour celui qui la donne. 

6. Prévoir un moment d’aftercare

Après une séance, dans la majorité des cas un moment pour redescendre émotionnellement et physiquement est nécessaire. 

C’est ce qu’on appelle l’aftercare.

Cela peut être très simple :

un câlin, boire de l’eau, discuter, manger quelque chose, se couvrir avec une couverture ou simplement rester ensemble quelques minutes.

C'est un moment nécessaire pour que la personne qui reçoit retrouve un équilibre tandis que les endorphines se dissipent peu à peu. Il ne faut absolument pas négliger ce moment. 

7. Débriefer après l’expérience

Quelques heures plus tard ou le lendemain, posez-vous quelques questions :

Qu’est-ce que j’ai aimé ?

Qu’est-ce que j’aimerais refaire ?

Qu’est-ce qui m’a moins plu ?

Qu’est-ce que j’aimerais essayer la prochaine fois ?

Cette discussion permet de construire progressivement une pratique BDSM qui vous ressemble.

Vous pouvez également refaire le point sur certaines réponses du Test Indécent : une envie qui vous semblait attirante sur le papier peut finalement moins vous plaire dans la réalité, tandis qu’une autre peut vous surprendre.

Les envies évoluent. Les limites aussi. Et c’est parfaitement normal.

Alors, par où commencer ?

Si vous découvrez le BDSM, inutile de chercher à tout expérimenter immédiatement.

Commencez par explorer vos envies, parler, définir vos limites, choisir un safeword et essayer une ou deux pratiques simples.

Et si vous ne savez pas encore précisément ce qui vous attire, vous pouvez commencer par le Test Indécent, pensé pour vous aider à explorer vos envies et à ouvrir la discussion, seul ou en couple.

Le BDSM n’est pas une liste de pratiques à accomplir.

C’est avant tout une exploration du désir, du contrôle, du lâcher-prise et de la confiance.

Et comme souvent lorsqu’il s’agit d’intimité, la meilleure façon de commencer reste encore d’avancer à votre rythme.

 

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