Comment parler de BDSM à son partenaire ?

Comment parler de BDSM à son partenaire ?

Avoir envie de BDSM, c’est une chose. Oser le dire à la personne avec qui l’on partage son intimité, c’en est une autre.

Parce qu’on a peur d’être jugé. Peur de passer pour quelqu’un de bizarre. Peur que l’autre nous regarde différemment après. Alors on garde ça pour soi.

Et pourtant, parler de BDSM ne veut pas dire annoncer à son partenaire que toute votre sexualité doit changer du jour au lendemain.

1. Choisir le bon moment

Évitez de lancer le sujet au milieu d’une dispute, entre deux portes ou juste avant de dormir quand l’autre est épuisé. Et si votre partenaire ne connaît absolument rien au BDSM, évitez aussi de lui balancer directement : « J’aimerais que tu me domines. » sans aucune explication.

Choisissez un moment calme, et commencez simplement.

« Il y a des choses qui m’intriguent et j’aimerais savoir ce que toi tu en penses. »

Vous ne demandez pas une réponse immédiate, Vous ouvrez une porte.

2. Parlez de vos envies avant de parler de BDSM

Le mot BDSM peut impressionner.

Pour certaines personnes, il évoque immédiatement des pratiques extrêmes, des caves sombres et des accessoires dont elles ignorent même le nom.

Alors qu’en réalité, votre envie est peut-être simplement de vous faire bander les yeux, de recevoir des ordres ou des insultes, ou de prendre plus de controle dans votre intimité. 

Parlez donc de ce qui vous attire réellement.

« J’aimerais essayer de te laisser décider davantage. »

« J’aime l’idée de ne pas savoir ce que tu vas faire. »

« Ça m’excite de t’imaginer plus autoritaire avec moi. »

C’est beaucoup plus concret.

Et surtout beaucoup moins intimidant.

3. Sortez la checklist

Parler de ses fantasmes est parfois compliqué.

C’est exactement pour ça qu’une checklist BDSM est un outil particulièrement intéressant. Chacun la remplit de son côté. 

On peut très simplement distinguer :

Oui : ça m’attire.

Peut-être : pourquoi pas, mais parlons-en.

Non : pas pour moi.

Puis vous comparez.

Vous allez probablement découvrir des envies communes dont aucun de vous n’avait parlé.

Parfois une simple case cochée permet d’aborder un fantasme que l’on n’aurait jamais réussi à formuler à voix haute.

J’ai créé plusieurs checklists précisément dans cette logique : pas pour vous donner une liste de choses à accomplir, mais pour vous aider à parler de vos désirs, de vos curiosités et de vos limites.

Une case cochée n’est évidemment jamais un contrat, ou un consentement pour une pratique. C’est juste le début d’une conversation.

4. Votre partenaire a le droit de ne pas sauter de joie

Vous avez peut-être pensé à cette discussion pendant des semaines. Votre partenaire, lui, découvre peut-être le sujet depuis trente secondes. Laissez-lui un peu d’espace. Il peut être curieux, surpris, intrigué, ou même un peu inquiet.

Ce n’est pas nécessairement un rejet. Il a simplement besoin de comprendre ce que vous lui proposez réellement.

5. Et maintenant, écoutez

Vous venez de parler de vos envies, mais ce n’est que la moitié de la conversation. Demandez à l’autre ce qui l’attire, ce qui l’inquiète, ce qu’il aimerait tester, ce qu’il refuse catégoriquement. Et surtout, écoutez réellement la réponse.

Vous pourriez avoir quelques surprises.

Parce qu’il arrive régulièrement que l’on passe des années avec quelqu’un sans connaître une partie de ses fantasmes. Pas parce qu’ils n’existent pas, mais simplement parce que personne n’a jamais posé la question.

6. Commencer par quelque chose de simple

Si votre partenaire est curieux mais hésitant, inutile de commencer par une séance très élaborée.

Vous pouvez essayer quelque chose de léger :

un bandeau sur les yeux, quelques ordres, une fessée légère, une contrainte symbolique ou simplement laisser l’un des partenaires décider davantage du déroulement.

Après l’expérience, discutez-en.

Qu’avez-vous aimé ?

Qu’est-ce qui vous a surpris ?

Qu’est-ce que vous aimeriez refaire ?

Qu’est-ce que vous préférez ne pas renouveler ?

Le BDSM peut se construire progressivement.

7. Ne jamais utiliser le BDSM pour mettre la pression

Partager une envie ne signifie jamais que votre partenaire doit l’accepter.

Évitez les phrases comme :

« Si tu m’aimais, tu essayerais. »

ou

« Tout le monde fait ça maintenant. »

Le désir ne se négocie pas sous pression.

Vous pouvez exprimer une envie, expliquer ce qu’elle représente pour vous et laisser l’autre décider librement s’il souhaite ou non l’explorer.

Et si votre partenaire n’est pas intéressé ?

C’est une possibilité.

Deux personnes peuvent s’aimer profondément tout en ayant des fantasmes différents.

Dans ce cas, la discussion reste utile.

Elle permet de comprendre ce qui est envisageable, ce qui ne l’est pas et s’il existe éventuellement des compromis qui respectent les limites de chacun.

Parfois, une pratique précise sera refusée mais une version plus légère pourra convenir aux deux partenaires.

Et parfois, la réponse sera simplement non.

Cette limite doit être respectée.

Parler de BDSM, c’est avant tout parler de désir

Le plus difficile est souvent de commencer la conversation.

Mais parler de BDSM ne signifie pas forcément demander une transformation complète de votre relation.

Cela peut simplement être l’occasion de dire :

« Voilà quelque chose qui m’intrigue et que j'aimerais expérimenter. Et toi, qu’est-ce qui te plairait ? »

Une checklist peut vous aider à mettre des mots sur vos envies, mais le plus important restera toujours la discussion qui en découle.

Parce qu’avant les accessoires, les rôles ou les pratiques, le BDSM commence généralement par quelque chose de très simple :

deux personnes capables de parler sincèrement de leurs envies et de leurs limites.

Retour au blog

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés.